Carnet des rivesBalades entre Loir et Loire, en Anjou

Carnet d'automne

Flâner au bord du Loir : chemins d'eau au nord d'Angers

On parle beaucoup de la Loire, un peu moins de sa discrète voisine du nord. Le Loir, pourtant, a quelque chose de reposant que les grands fleuves n'ont pas : on l'entend à peine couler.

Le Loir prend sa source loin d'ici, dans les plaines de l'Eure-et-Loir, traverse le Vendômois puis la Sarthe avant d'entrer en Anjou. Quand il arrive chez nous, il a déjà fait un long voyage et il n'a plus rien de pressé. Il serpente entre les prairies, se divise parfois autour d'une île boisée, passe sous un vieux pont de pierre, puis rejoint la Sarthe un peu en amont d'Angers. C'est cette dernière partie de son cours, la plus paresseuse, que j'arpente le plus souvent.

Un paysage de prairies et de peupliers

Ce qui frappe d'abord, c'est l'horizon très bas. Les champs descendent doucement vers l'eau, bordés de haies et de rangées de peupliers qui dessinent de longues lignes verticales dans ce paysage à plat. En été, les vaches se tiennent à l'ombre au bord de la rive ; en hiver, une partie des prés disparaît sous l'eau et l'on devine à peine où s'arrête la rivière.

Les villages se sont installés un peu en retrait, sur les coteaux ou les légères hauteurs qui échappent aux crues. Entre Durtal, Seiches-sur-le-Loir, Villevêque, Soucelles ou Briollay, les clochers servent de repères, et il suffit souvent de marcher vers le suivant pour composer sa balade.

Ce que l'on croise en chemin

Le Loir a longtemps fait tourner des moulins. Beaucoup ont été transformés en maisons, d'autres sont restés tels quels, avec leur bief et leur vanne rouillée. On repère aussi des lavoirs, parfois couverts d'un petit toit d'ardoise, où l'on imagine sans peine les conversations d'autrefois. Les cales en pente douce, faites pour mettre les barques à l'eau, sont une autre trace de la vie de rivière.

Côté nature, il suffit de s'asseoir un moment. Le héron cendré attend immobile dans les herbes, le martin-pêcheur file au ras de l'eau comme une étincelle bleue, et au printemps les hirondelles chassent les insectes au-dessus du courant. Les pêcheurs, eux, sont fidèles au poste presque toute l'année ; un signe de tête suffit, ils n'aiment pas qu'on fasse trop de bruit.

Préparer sa balade

Il n'y a pas besoin d'équipement particulier, mais quelques habitudes rendent la sortie plus agréable :

  • Regarder le niveau de l'eau. Après de fortes pluies, certains chemins de bord de rivière sont noyés ou très boueux. Mieux vaut rester sur les routes de coteau ces jours-là.
  • Prévoir de bonnes chaussures. Même en été, l'herbe des prairies garde l'humidité le matin.
  • Respecter les prés. Beaucoup de chemins longent des pâtures privées. On referme les barrières derrière soi, on tient son chien en laisse près des troupeaux.
  • Emporter de l'eau et un en-cas. Les villages sont proches, mais les commerces n'y sont pas toujours ouverts.
  • Garder une carte. Le réseau de petits chemins est dense, et le téléphone capte parfois mal au fond de la vallée.

Marcher lentement

Le Loir n'est pas une destination à « faire » en une journée. C'est une rivière à fréquenter, à laquelle on revient en changeant de saison. Une même boucle d'une heure ne ressemble pas du tout à elle-même en avril, quand les prairies se couvrent de fleurs, et en novembre, quand la brume reste accrochée aux peupliers jusqu'à midi.

Mon conseil, si vous découvrez le coin : choisissez un village, garez-vous près de l'église, et descendez vers l'eau par le premier chemin qui s'y dirige. Marchez une heure dans un sens, revenez par un autre côté. Vous aurez vu l'essentiel de ce que ce paysage a à offrir, et vous aurez sans doute envie de revenir.

Bon à savoir

Le Loir est une rivière vivante : berges parfois instables, courant plus fort qu'il n'y paraît après la pluie. On évite de s'approcher du bord avec de jeunes enfants et l'on ne s'y baigne pas en dehors des lieux prévus à cet effet.

← Tous les carnets